20/06/2006

 

 

 

 

La Rose fanée

Es-tu tombée au vent qui fait plier la tige,

Ô rose qui meurs sur mon sein?*

Du tendre rossignol qui sur les fleurs voltige,

Es-tu le nocturne larcin?
 

Non, d'une robe, au bal, tu tombas de toi-même

Sous les pas distraits des danseurs,

Dans une nuit d'ivresse, ô triste et pâle emblème

De ces fleurs vivantes, tes soeurs!
 

Ils foulèrent aux pieds la fleur venant de naître,

Et la danseuse avec dédain,

Se courbant, te jeta pâle par la fenêtre,

Comme un vil débris du jardin.
 

Mais moi, glaneur d'épis brisés prés de la gerbe,

Je te recueillis sur mon coeur,

Pour chercher sous ta feuille, ô fleur morte sur l'herbe,

Une autre ivresse que l'odeur!
 

Ah! repose à jamais dans ce sein qui t'abrite,

Rose qui mourus sous ses pas,

Et compte sur ce cœur combien de fois palpite

Un rêve qui ne mourra pas !

Lamartine[/i]

23:35 Écrit par Danny la F | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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